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Les drogues : effets sur les messages nerveux et dépendance
,par mousme5Ce chapitre sera rapide, et assez simple. Les drogues, vous en avez déjà probablement parlé avec vos parents, vos professeurs de biologie ou des intervenants... Une partie du cours ne vous sera donc pas inconnue. Toutefois, je vous invite à la lecture pour un dernier voyage dans notre système nerveux au coeur du système de modulation de la douleur et du système de récompense ! Qu'attendez-vous...
?
Les effets des drogues au niveau de la moelle épinière
Rappelez vous de notre long voyage, dans le chapitre précédent, pour amener le message nociceptif jusqu'au cerveau... À votre avis, à quel niveau va se jouer l'action des drogues ? Ce n'est pas dur voyons, vous avez 1 chance sur 3 de tomber juste (pour les oublieux, inutile de préciser que le voyage se déroulait en 3 parties
)...
C'est au niveau des synapses, lors de la transmission chimique du message nociceptif de la neurone pré-synaptique à la neurone post-synaptique. Un petit rappel du cours précédent s'impose : nous avons vu que certaines neurones post-synaptiques étaient excitatrices et d'autres inhibitrices. De plus, autant le recrutementdes fibres d'un nerf ou des variations de fréquence plus ou moins complet au niveau d'une fibre expliquent des réponses douloureuses de notre organisme différentes face à différent stimulis, autant cela n'explique pas que notre douleur puisse s'estomperstimuli douloureux reste présent alors qu'un ...
Les neurones nociceptifs pré-synaptiques dont nous avons précédemment parlés ne sont pas les seuls en contact synaptique avec le neurone post-synaptiqure. D'autres neurones le sont également, et, lorsque la douleur devient trop intense, ils libèrent des neurotransmetteurs appelés les enképhalines.
Les enképhalines font parties des molécules endogènes (ou produites par l'organisme). Elles se fixent à des récepteurs spécifiques qui sont les récepteurs opioïdes de la neurone post-synaptique. Si elles sont libérées quand le message nociceptif arrive sous sa forme chimique, les neurotransmetteurs de la douleur (substance P et glutamate) se fixent bien sur leurs récepteurs spécifiques... mais le message nerveux généré - s'il y est généré ! - aura une fréquence bien plus faible que le message d'origine, et la sensation douloureuse perçue sera moins forte. Pour cette raison, on a aussi qualifié les enképhalines de "morphine endogène" ou d'endorphines et on dit quelles ont un effet analgésique (= anti-douleur).
Le terme de "morphine endogène" nous amène à la molécule exogène (non produite par le corps) que nous allons maintenant étudier : la morphine.
Tout d'abord, comment une molécule exogène peut elle être détectée par le corps ? La morphine est une molécule dont une partie de la structure est identique à celle d'une molécule d'enképhaline. Hors, il se trouve que c'est précisément cette partie qui sert à l'enképhaline à se fixer sur les récepteurs opioïdes ! La morphine est donc interprétée par le corps comme le serait l'enképhaline... d'où son action analgésique (elle aussi freinera la transmission du message nociceptif).
Mais, c'est quoi exactement la morphine ? Vous connaissez déjà la réponse générale : c'est une drogue. Elle fait partie de la catégorie des opioïdes (c'est d'ailleurs de là que vient le nom des récepteurs opioïdes
) ou des opiacés, car elle est extraite de l'opium. C'est les fruits du pavot - plante à fleurs à grandes feuilles - qui produisent une substance blanche et crémeuse, un latex, surnommé opium.
La morphine est très utilisée dans les hôpitaux pour soulager les patients atteints de maladies lourdes comme le cancer car c'est l'analgésique le plus puissant connu ! Elle est en effet dégradée moins rapidement que les enképhalines au niveau des synapses et a donc une action plus durable. De plus, au niveau de la moelle épinière, elle n'entraîne pas de dépendance !
Anecdote : le coquelicot est un type de pavot !
Les effets des drogues au niveau du cerveau
Au niveau du cerveau, la sensation douloureuse pourra également être régulée tant par des molécules endogènes que des molécules exogènes (C'est la même chose qu'au chapitre précédent ? Je sais, je manque cruellement d'imagination
). Un regroupement de neurones (ou ensemble neuronal pour les pros...), situé dans le cerveau, est en effet responsable de la sensation de plaisir. On l'appelle le système de récompense.

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Trois molécules endogènes jouent sur ce circuit de la récompense (et nous intéresse en ES) :
- la dopamine
- GABA
- les enképhalines
Commençons par nous intéresser à la dopamine. C'est un neuromédiateur libéré par les neurones dopaminergiques. Il a une grande influence, de par notamment les neurones amenant le message vers le cortex frontal, sur les zones contrôlant : les émotions, l'attention, l'agressivité et bien sûr sur le système de récompense dans son ensemble. Sa sécrétion entraîne une sensation de bien-être.
Mais nous avions vu que la substance P était sécrétée au moment de l'arrivée d'un message nerveux nociceptif, quant est-il pour la dopamine? La sécrétion de dopamine est elle aussi reliée à des stimuli extérieurs. Ainsi, la vue d'aliments apétissants ou tout autres sensations agréables engendreront la stimulation des neurones dopaminergiques par des neurones activateurs. Cette sensation de plaisir n'est pas anodine. En effet, les actions pour la survie de l'espèce (nutrition et reproduction) activent le système de récompense, ce qui nous pousse à les mettre en oeuvre...
Anecdote : L'expérience du réflexe de Pavlov a montré le rôle majeur de l'environnement dans le circuit de la récompense. Son expérience est la suivante : un chien est habitué à entendre le son d'un cloche avant d'avoir son repas... Si cette action est répétée un grand nombre de fois, alors à chaque fois que la cloche va sonner, le chien va saliver et son cerveau sécréter de la dopamine AVANT MÊME QU'IL AIE VU SON REPAS ! Chez les hommes, le toxicomane se sent mieux dès qu'il a son produit sous la main prêt à l'emploi, avant même de l'avoir injecté.
Toutefois, la sécrétion de dopamine ne peut pas continuer indéfiniment et lorsqu'elle a été déclenché ou élevé, il faut aussi un moyen de la freiner pour que la sécrétion revienne à un niveau normal. C'est là que GABA, un neurotransmetteur inhibiteur, intervient ! Les inter-neurones inhibiteurs présents libèrent ainsi des neurotansmetteurs GABA lors d'une production de dopamine trop importante. Ce dernier ce fixe sur les récepteurs spécifiques de la neurone dopaminergique et freine la production de dopamine.
Tout semble dit, et pourtant nous n'avons pas encore parlé des enképhalines... C'est que je n'aie pas encore mentionné le fait que les neurones inhibiteurs à GABA possèdent des récepteurs opioïdes et que des interneurones libérant des enképhalines sont présents en assez grand nombre dans le système de récompense. Lorsque l'interneurone responsable de la libération d'enképhalines en sécrète, ces dernières vont se fixer sur les récepteurs opioïdes de l'interneurone inhibiteur à GABA, abaissant la libération du neurotransmetteur GABA... et ainsi levant une partie de l'inhibition imposée aux neurones dopaminergiques ce qui revient à augmenter la sécrétion de dopamine ! Les enképhalines contribuent donc à la création de la sensation de plaisir.

Et, bien sûr, la morphine et ses dérivés (héroïne, codéïne,...) peuvent se fixer sur les récepteurs opioïdes du cerveau comme ils pouvaient le faire sur ceux de la moëlle épinière. Il est bon de noter que la morphine est moins rapidement dégradée que les enképhalines même dans le cerveau. Enfin, toutes les drogues n'agissent pas de la même manière sur le système de récompense même si (presque) toutes augmentent la quantité de dopamine produite :
- la cocaïne et l'extasy rendent plus lente la reprise de la dopamine par la terminaison pré-synaptique de la neurone dopaminergique
- les amphétamines diminuent également la recapture de la dopamine et peut également, si elle est rentrée dans la membrane pré-synaptique expluser la dopamine hors de ses vésicules de stockage
L'action des drogues sur le sytème de récompense entraîne la dépendance. Mais pour bien comprendre les implications de ce mot, encore faut-il que nous puissons définir les drogues de par ce que nous avons appris depuis le début de ce cours.
Les drogues peuvent être définies comme étant des substances psychoactives ou psychotropes. On veut dire par là qu'elles agissent sur le système nerveux central, ce qui est vrai car nous avons vu qu'elles agissaient au niveau du système de récompense. Leur action, stimulant directement ou indirectement les neurones dopaminergiques plus que de raison, peut à terme déséquilibrer le système de récompense de manière permanente.
La prise répétée d'une drogue a deux effets que vous devez déjà connaître :
- la tolérance (ou l'accoutumance): désigne l'obligation d'augmenter les doses prises pour avoir le même effet à mesure que le corps s'habitue à l'effet de la drogue
- la dépendance est définie par la sensation de manque tant psychique (angoisse, dépression, malaise,... ) que physiologique (douleur, nausée, sueurs, vomissement, diarrhée, tremblements,...) dès l'arrêt de la prise de drogue.
Le sevrage est l'arrêt de la consommation de drogue soit en diminuant progressivement les doses, soit en remplaçant les drogues par des molécules de substitution avant l'arrêt de toutes consommations. Le phénomène de dépendance rend nécessaire un suivi médical voir psychologique et les probabilités de rechuter sont non négligeables.
Vous pouvez maintenant répondre au QCM du cours!