Sciences Faciles : Du plus simple au plus compliqué, c'est facile
Quand la procréation est une affaire de femmes : l'organe reproductif 2/2
,par mousme5Après avoir étudié le système reproductif de l'homme, il va maintenant falloir étudier celui de la femme. Quoique plus long, ce chapitre ne sera pas plus difficile que le précédent et nous y retrouverons certaines vieilles connaissances comme le complexe hypothalamus-hypophysaire, les hormones GnRH, LH et RSH. Comme quoi, l'homme et la femme se ressemblent plus que l'on ne pourrait au premier abord s'y attendre. Suivez le guide...

1) Les acteurs principaux
Vous vous doutez, ce sont tous d'abord les gamètes femelles : les ovules (ou ovocytes). Les ovules sont situées dans les ovaires qui assurent aussi la sécrétion des hormones sexuelles : l'oestradiol et la progestérone. Ces hormones sont libérées directement dans le sang... On dit donc que les ovaires ont une fonction... Vous vous rappellez on l'a fait dans le chapitre précédent? Non? Une fonction endocrine. Mais ce ne sont pas les seules qui jouent un rôle fondamental dans la procréation. L'utérus, formé d'un muscle (le myomètre) qui est recouvert d'une muqueuse appelée l'endomètre, est aussi très important, notamment au moment de la grossesse. Voici un schéma pour vous aider à vous y retrouver.

Contrairement aux spermatozoïdes dont la création commence à la puberté, les femmes naissent avec un stock d'ovocytes. Sur les 400 000 présents à la naissance, seuls environ 400 se développeront assez pour atteindre l'utérus! Ces 400 ovules rythmeront la vie sexuelle de la femme entre la puberté et la ménaupose, après quoi elle ne pourra plus avoir de bébés. C'est inutile d'en avoir tant pour si peu. Elles ne sont même pas libérées tout au long de la vie. Mais s'il y en a autant, pourquoi la ménopause? À chaque début de cycle, plusieurs ovules sont recrutées... Mais seulement une arrivera à maturité alors que les autres mourront! Le stock s'épuise donc plus rapidement qu'on ne pourrait le croire. Pas si inutile que ça après tout!
2) Des cycles, toujours des cycles, rien que des cycles...
Mais revenons au sujet principal qui nous occupe... Comment fonctionne l'appareil reproductif féminin? Eh oui, nous avons vu grand pour ce chapitre, rien que ça! La première chose que vous devez savoir, c'est que vous n'allez entendre parler que de cycles dans le prochaine chapitre : cycle ovarien, le cycle utérin et le cycle des hormones ovariennes. Mais, pour faire plus simple et pour que vous les reliez bien les uns au autres, nous allons les étudier tous ensemble
! Vous êtes prêts?
Chaque cycle (comprenez ici un grand cycle englobant tous nos cycles entre eux) dure en moyenne 28 jours. C'est le cycle menstruel qui se termine et recommence lors de la venue des règles. Faut avouer que pour ça, la nature a enfin fait simple pour qu'on sache repérer le début du cycle
! Il se déroule de la façon suivante :
- la phase folliculaire (14 jours):
Durant les 3 à 5 premiers jours, el l'absence de nidation, ce sont les règles. C'est aussi un peu la phase préparatoire. En effet, c'est le moment de la croissance de plusieurs des follicules ovariens présents dans les ovaires.

Les follicules ovariens sont des petits sacs ou des petites glandes formés de l'ovule et des couches de cellules folliculaires. Un seul d'entre eux va réussir à arriver à maturité par cycle (grande dinsinction s'il en est pour les follicules ): le follicule dominant, qui aura diamètre de 2 à 2,5 centimètres! Et les autres? Les perdants de cette phase degénèreront et mouront. Leur mort est appelée atrésie.
Mais, les follicules ne s'occupent pas seulement d'essayer d'être le follicule dominant! Leurs cellules de la zone granulosa sécrètent aussi une hormone, l'oestradiol. Les hormones sexuelles féminines sont dirigées vers deux organes cibles (organes dont le fonctionnement est géré par hormones): le col et la muqueuse de l'utérus. C'est pour cette raison que le cycle utérin et l'ovarien se déroulent en même temps. Sur votre copie vous direz qu'ils sont synchrones. L'oestradiol, donc, a un effet sur ces deux organes... Lequel? Le cycle commence pour l'utérus par la menstruation (les règles), ce qui signifit la destruction de sa muqueuse. Grâce à l'oestradiol, l'endomètre cicatrise (il faut bien qu'il se remette des règles, c'est un anarchiste!
) et s'épaissit en même temps que ses vaisseaux sanguins se développent. Les glandes utérines se développent également, "creusant" la muqueuse. Du 7ème au 14ème jour, le follicule dominant est le seul à sécréter l'oestradiol, les autres ayant commencé leur atrésie.
En fin de phase folliculaire, l'oestradiol a agi sur les cellules du col de l'utérus. Ces dernières, alors qu'elles produisent un mucus (de son vrai nom glaire cervicale) normalement trop serré pour laisser les spermatozoïdes passer, se mettent à sécréter un mucus à mailles moins sérrées... Une aubaine pour les spermatozoïdes! De plus, dans les 48 heures avant l'ovulation, un pic d'oestradiol signale à toute la zone l'arrivée prochaine de la nouvelle ovule car le follicule dominant est arrivé à maturité.

L'ovulation sépare les deux phases et se déroule le 14ème jour. L'ovule est alors expulsée du follicule dans les trompes.
- La phase lutéale (du 14ème au 28ème jour):
Le follicule se transforme en corps jaune car il prend un pigment jaune appelé la lutéine. Si vous n'arrivez pas à le retenir, dites vous que ça ressemble à "lutin"
. Ce corps jaune se charge également de lipides (gras) et sécrète de l'oestradiol et de la progestérone. La progestérone est une hormone qui prépare l'organisme pour la grossesse, c'est pourquoi sa concentration dans le sang augmente à partir de l'ovulation et baisse par le suite si l'ovule n'a pas été fécondée. Mère Nature préfère prévoir que tout faire à la dernière minute... Comme vous pour votre bac, n'est ce pas
?
La muqueuse utérine stimulée par les 2 hormones, arrive à son épaisseur maximale quelques jours après l'ovulation. Les vaisseaux sanguins et les glandes utérines se sont tellement dévelopés et ramifiés que l'on parle même de dentelle utérine! La progestérone est vraiment l'artisane de la dentelle utérine même si le dévelopement des glandes utérines et des vaisseaux sanguin a été commencé par l'oestradiol. De plus, elle inhibe les contractions du muscle utérin. L'utérus est bien irrigué, dentellé, calme, un vrai berceau pour le bébé
... Mais ce n'est pas tout, les glandes utérines (suspense! suspense!) sont là pour produire
sécréter le glycogène. Le glycogène est la forme de stockage du glucose dans l'organisme. Euh... Quésaco? C'est tout simplement du sucre! Le glycogène est donc un liquide nutritif. Enfin, la progestérone fait produire au col de l'utérus un mucus à maille très serrée à travers lequel plus rien de passe, ni microbes, ni spermatozoïdes... En gros, si l'ovule avait été fécondée, l'organisme se tient prêt pour la protéger.
Aucun autre follicule ne peut se développer ou se modifier pendant la phase lutéale, tous doivent attendre le prochain cycle. Le corps jaune dégénère 8 à 10 jours après l'ovulation ce qui entraine aussi une baisse importante de sa production d'hormones. La muqueuse utérine dégénère, perdant jusqu'à 80% de son épaisseur, ce sont les règles... seulement si l'ovule n'est pas fécondée. Si cette dernière est bien fécondée, alors le corps jaune persiste et aucun follicule ne peut se développer jusqu'à l'accouchement les cycles étant stoppés jusque là. La muqueuse utérine ne dégénère pas également, il n' a donc pas de règles.
3) Notre viel ami, le complexe hypothalamo-hypophysaire
Parler de ce complexe, vous vous en êtes déjà rendu-compte, c'est aussi parler d'hormones. Je vais donc en profiter pour vous expliquer plus en détail une expression que nous avons vu un peu plus haut dans le cours : celle d'organe cible. Un organe cible a sur sa paroie des récepteurs spécifiques à l'hormone. Plus la concentration de cette hormone dans le sang est élevée, plus le nombre de molécules de celle-ci fixée sur les récepteurs sera important. Mais attention, chaque hormone a son récepteur... car sinon l'organe fixerait toutes les hormones et ne pourrait les différencier. Pour pallier à ce problème les hormones ont différentes formes, et les récepteurs aussi... La forme des récepteurs étant simplement le contraire de celle de l'hormone pour permettre à celle-ci de s'encastrer dans ce dernier.
Ce qui va suivre, vous le savez déjà...
L'hypothalamus libère la GnRH qui est amené par le sang jusqu'à l'hypophyse antérieure... Cette dernière, stimulée par la GnRH, libère à son tour la FSH (hormone folliculostimulante) et la LH (hormone lutéinisante). L'hypothalamus reçoit des messages nerveux qui peuvent faire varier la production de GnRH... Ainsi, une émotion forte peut parfaitement perturber le cycle menstruel de la femme, en perturbant le production de GnRH.
...ou presque!
Mais vous vous en doutez, le complexe hypothalamo-hypophysaire ne sera pas relié à la testostérone car celle-ci n'existe pas chez la femme
. L'augmentation de la production de FSH en début de cycle enclenche la croissance de plusieurs follicules. Ces follicules sécrètent de l'oestradiol ce qui entraîne (par rétrocontrol négatif, nous avons déjà expliqué cette notion dans le cours précedent) une diminution de la production de FSH. Pour ceux qui ne veulent pas retourner au cours précédent... vous y serez bien obligés, ça vous rafraîchira la mémoire
. La production plus faible de FSH ne permet pas à tous les follicules de continuer leur croissance et entraîne l'apparition d'un follicule dominant.
Le follicule mûr, stimulé par la LH, produit une grande quantité d'oestradiol... qui en retour déclenche un pic de LH, à l'origine de l'ovulation. C'est le contraire du rétrocontrole négatif, très originalement appelé rétrocontrole positif. L'importante concentration en LH du sang permet également la transformation du follicule mûr en corps jaune. Le corps jaune étant le riche héritier du follicule, il est également sensible aux variations de LH. Plus cette dernière est présente, plus il sécrète un peu d'oestradiol et de la progestérone. Ces deux hormones, produites ensemble dans la phase lutéale, inhibent le complexe hypothalamo-hypophysaire et donc inhibent aussi la production de FSH. Cette dernière est maintenue à un niveau tellement bas qu'aucun autre follicule ne peut se déveloper. Comme quoi, tout s'explique grâce aux hormones!
En fin de cycle, la mort du corps jaune entraîne une diminution de la production d'oestradiol et de progestérone ce qui en retour désinhibe la sécrétion de LH et de FSH... Et le cycle peut reprendre
!

Faits divers : les oestrogènes (dont l'oestradiol) sont responsables de l'apparition et du maintien des caractères secondaires sexuels chez la femme.
Vous pouvez maintenant répondre au QCM du cours!